LE SUICIDE À L'ADOLESCENCE

L’ADOLESCENT SUICIDAIRE

Le jeune suicidaire se perçoit souvent comme mauvais, passif, coupable. Il a une faible estime de soi et se sent indésiré. Il n’a pas encore découvert sa valeur en dehors des normes sociales établies et des pressions exercées sur lui. Il ne se trouve donc pas de place. Il n’a habituellement pas de but dans la vie, ne s’implique pas dans les activités d’où souvent de faibles résultats scolaires. Il ne se reconnaît aucun contrôle sur son environnement et est très impulsif. Il manque de lien avec sa communauté, ce qui s’accompagne d’un sentiment d’aliénation et par conséquent il n’éprouve aucune attraction envers la société pour continuer à vivre.

FACTEURS DE RISQUE

La famille

Il demeure que les problèmes familiaux sont parmi les premières raisons évoquées par les adolescents suicidaires. On retrouve des caractéristiques telles que la présence de conflits parentaux et conjugaux, des abus physiques ou moraux des enfants, un climat de violence, l’alcoolisme d’un des parents, l’indifférence d’un des parents à l’égard du jeune, le manque de maturité de la mère, des difficultés ou une absence de communication, l’incompréhension, le manque de soutien, des difficultés dans la négociation des tâches reliées à leur individualité, des attitudes négatives ou négligeantes des parents envers le jeune, l’absence d’implication émotive, l’abandon ou le rejet du jeune, les placements fréquents en famille ou centre d’accueil.

 

La vie sentimentale

Perdre la personne que l’on aime est un des événements le plus difficile à surmonter, peu importe l’âge. La plupart des adolescents vivent à un moment donné une peine d’amour. Par contre on observe que les jeunes suicidaires sont engagés plus intensément dans leur relation amoureuse et que la rupture laisse des traces très profondes. La douleur est intense, elle devient insupportable et le jeune a l’impression qu’il ne s’en remettra jamais, que sa souffrance n’aura pas de fin.Ou même si le jeune ne trouve personne cela peut le toucher (ps allucion a une personne ^^)

L’isolement social

Certains adolescents suicidaires sont seuls, ils ont l’impression d’être rejetés par leurs pairs. Cependant, tous les adolescents suicidaires ne sont pas nécessairement isolés socialement. Plusieurs possèdent un réseau d’amis, bien qu’ils vivent des difficultés relationnelles avec leurs pairs. Toutefois, ils ne sont pas réceptifs au soutien que peut leur offrir l’entourage. Ils préfèrent s’en sortir seul. Ils sont persuadés que personne ne peut les aider comme ils ont besoin de l’être. L’adolescent suicidaire vit donc un isolement qui est davantage affectif que physique.

L’ADOLESCENT À RISQUE

  • Fonctionnement familial perturbé
  • Vit des expériences émotionnelles difficiles, perte récente ou événement traumatisant
  • Déjà vécu un suicide dans leur famille ou leur cercle d’amis
  • S’identifie au défunt et voie en lui un modèle
  • Difficulté d’identification sexuelle, homosexualité
  • Adopte des comportements déviants tel que la délinquance, la prostitution
  • Problème de consommation de drogues, alcool, médicaments
  • Les fugues, les placements répétitifs en foyer ou centre d’accueil
  • Une ou plusieurs tentatives antérieures de suicide
  • LA PERTE

    La crise suicidaire survient suite à une perte qui peut prendre différentes formes : besoins non satisfaits perçus comme une perte de support, d’amour. La perte peut aussi être dans des termes de perte d’identité et d’estime de soi. La charge émotive et affective liée à la perte est importante. Les réactions aux pertes sont intenses et l’adolescent possède un pauvre contrôle de la rage et de l’impulsivité. Quand les pertes et le stress s’accumulent, la réaction de l’adolescent peut aussi être désespérée et indifférente. Si l’adolescent continue de se détacher du support du système il y aura augmentation des sentiments de désespoir et perte de confiance que sa situation change.

    LE PROCESSUS SUICIDAIRE

    Le processus suicidaire est la période qui sépare le moment où la crise survient et le passage à l’acte. À l’adolescence, cet intervalle peut être très court.

    La recherche de solution : Cette étape est normale dans un processus de crise. Pour résoudre le problème, la personne fait un inventaire des solutions possibles. Chacune des solutions fait l’objet d’une évaluation pour juger de sa possibilité à apporter un changement et de son efficacité pour réduire la douleur. Certaines personnes possèdent un vaste éventail de solutions et peuvent identifier des stratégies pour résoudre rapidement la crise. Pour d’autres, l’éventail des solutions est restreint ou diminue parce que les solutions ne répondent pas aux besoins présents. À ce stade, l’idée du suicide n’a pas encore été envisagée ou très peu.

    L’idéation suicidaire : Dans la recherche de solution, une image soudaine, brève et passagère de la mort peut apparaître parmi les solutions possibles. Les solutions qui sont inefficaces à réduire l’intensité de la crise sont rejetées. L’idée du suicide apparaît plus fréquemment et est considérée de plus en plus sérieusement, la personne s’y attarde plus longuement, élabore davantage les scénarios possibles.

    La rumination : L’inconfort devient de plus en plus difficile à supporter et le désir d’y échapper s’intensifie. L’incapacité à résoudre la crise et le sentiment d’avoir épuisé les possibilités de solutions provoquent une grande angoisse. L’idée suicidaire revient constamment et régulièrement, elle engendre tourment et angoisse attisant la souffrance et la douleur.

    La cristallisation : La personne est submergée par le désespoir. Le suicide est considéré comme étant la solution à ses souffrances. Parvenu à ce stade il y a généralement élaboration d’un plan précis, soit la date, l’heure, le moyen, le lieu. On peut parfois observer une rémission spontanée de la crise suicidaire, soudainement il ne semble plus y avoir de problème. L’adolescent peut se sentir soulagé et donner des signes de mieux-être quand le suicide représente la solution définitive, car il possède maintenant un moyen accessible de mettre fin à ses souffrances. Parvenu à cette étape du processus suicidaire, une coupure émotive des autres et un sentiment d’isolement sont souvent présents. Le suicide représente l’ultime tentative de reprendre le contrôle. Un événement précipitant survient, un problème s’ajoute et peut amener le passage à l’acte.

    L’élément déclencheur : Parvenu à l’étape de la cristallisation le passage à l’acte devient imminent. Un événement précipitant est souvent relié à l’acte suicidaire. Un problème s’ajoute, dernier d’une série de pertes significatives.

    Il est important de savoir qu’il n’est jamais trop tard pour intervenir. L’ambivalence et la peur de passer à l’acte suicidaire sont présentes jusqu’aux derniers moments et le processus peut être interrompu en tout temps.

    À l’adolescence, le processus suicidaire peut-être très court, soit quelques heures. Psychologiquement, l’adolescent est impulsif, instable, émotif. Il est constamment en déséquilibre, en état de conflit. Il agit pour expérimenter avant de réfléchir. C’est pourquoi la période de l’adolescence est plus susceptible d’engendrer des comportements suicidaires.

    Le processus est plus rapide à la deuxième tentative, les messages sont plus voilés et la méthode utilisée est plus violente.

    LES SIGNES PRÉCURSEURS AU SUICIDE

    Le suicide ne se produit pas sans avertissement. Généralement, les personnes suicidaires donnent des messages et des indices qui annoncent leurs intentions pour alerter leur entourage. Ce sont des appels à l’aide, des restes d’espoir.

    Les messages directs

    • Messages verbaux et allusions à la mort : " Je serais mieux mort, cela ne vaut plus la peine, vous ne me verrez plus longtemps, j’ai peur de me suicider, etc.
    • Menace de suicide : " Je vais me tuer, je veux mourir, etc. "
    • Comportements auto-mutilants, dangereux

    Les messages indirects

    • Faire allusion au suicide de façon indirecte : " Bientôt je vais avoir la paix, je suis inutile, je le trouve courageux de s’être suicidé, je vais faire un long voyage, vous seriez mieux sans moi, faire des blagues avec le suicide, etc. "
    • Préparation pour un départ, arrangements finaux, lettres d’adieu
    • Dons d’objets ayant une valeur personnelle importante, de travaux en rapport avec la mort
    • Attrait soudain pour les armes à feu ou produits toxiques

    Signes de dépression

    • Troubles du sommeil (insomnie/hypersomnie)
    • Trouble de l’appétit (anorexie/boulimie)
    • Manque d’énergie, fatigue extrême ou agitation extrême à certains moments
    • Incapacité à prendre plaisir à quoi que ce soit
    • Tristesse, pleurs, découragement
    • Indécision
    • Irritabilité, colère, rage
    • Dévalorisation, faible estime de soi
    • Anxiété accrue

    Isolement physique et psychologique

    • Perte d’intérêt et de plaisir pour des activités
    • Retrait, recherche de solitude
    • Coupure des contacts avec la famille, les amis, etc.
    • Mutisme
    • Repli sur soi, refus de communiquer
    • Absence d’émotion

    Comportements

    • Manque d’attention en classe, mauvaise concentration
    • Absence inhabituelle aux cours
    • Diminution de rendement scolaire
    • Arrêt d’accomplir ses devoirs et ses travaux
    • Hyperactivité ou extrême lenteur
    • Désintérêt général
    • Attrait et préoccupation face au sujet de la mort, la réincarnation
    • Changement dans les apparences, négligence
    • Consommation excessive d’alcool et/ou de drogue et de médicaments

    Commentaires (1)

    1. kenning 08/02/2006

    en esperant que vous les comprendrez

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